Des visages...


Encore cette semaine. Il est de ces visages qu’on recroise, souvent, dans sa vie, sur son chemin ou juste pendant une semaine, ou juste le même jour. Alors, moi, qui ne croit pas au hasard, persuadée que toutes choses arrivent parce qu’elles doivent nous apporter un petit plus, Moi qui croit ça, je me dis, il faut que j’aille parler à ce visage. Mais j’ai tellement peur, justement de faire ce 1er pas. Que vais-je découvrir ? Et si je me trompais. Ce visage revient, revient comme un refrain. Le refrain d’une veille chanson que ma mère me chantait petite. Mais là, ce n’est plus possible, il faut que je sache. C’est comme une obsession, une photo dans un photomaton qui revient tout le temps, dessous, si, si, quand on cherche, on trouve. Mais je ne suis pas Amélie ; peut-être devrais-je l’être un peu plus. Cette obsession, il faut que je lui parle. Ce visage hante mes rêves et dans la nuit, j’ose lui parler mais comme tout bon rêve, je n’entends lus ce qu’il me dit. Ses lèvres bougent mais rien ne se passe. Bon, en plus, je ne lie pas dans l’avenir. Seule solution, et c’est ma résolution : demain, je lui parle, demain je l’aborde, demain je découvre. Apaisée, je me retourne, regarde par la fenêtre et m’endors.
Le lendemain, je scrute la foule, mais je ne vois rien. Peut-être que c’est parce que je cherche à trop faire que je ne trouve pas. Alors j’oublie. C’est le soir, je suis dans mon lit et le visage n’est plus là, toute la journée, j’ai attendu, pas de visage. J’ai raté ma chance.

Je l’ai croisée pendant toute la semaine, alors à la fin, je me suis dit, il faut que je l’aborde. Manque de pot, ce jour là, j’étais malade, je ne suis pas sortie. Je ne l’ai pas vue, je n’ai pas goûté à nouveau son visage. Je n’attendrai plus. Les visages sont nombreux mais les opportunités sont rares…