Un soir au coin du feu...

-j’ai peur.
-pourquoi papa ?
-je ne veux pas oublier, ‘j’ai peur de ne plus me souvenir de ton nom ; Il est si beau.
-je sais, moi, je le trouve original.
-je ne te l’ai jamais avoué mais c’est moi qui l’ai choisi.
-je sais, papa, tu me l’as dit.
-tu vois, j’oublie déjà.
-papa, on ne peut pas se souvenir de tout.
-j’ai peur. Je suis né, j’ai vécu, je vieillis, je vais mourir mais pourquoi oublier ?
-papa, moi, je n’ai pas peur. Prends ma main, regarde, ne pleure pas. Pour toi, je t’ai fait un pense-bête. Bon, tu ne devras pas oublier où tu le mets mais là, on pourra trouver un autre moyen pour que tu t’en souviennes.
-il est joli ce carnet. J’y graverai tous mes souvenirs.
-oui mais pourquoi tu pleures ?
-c’est drôle, j’ai moins peur.
-moi-aussi papa.