Adam et Eve


Regarde moi, attache moi à ton cœur et ne me laisse pas partir. Embrasse-moi comme jamais et regarde nos deux corps, une flamme, mince, élégante, se dandinant, jouant avec le feu. L’allumette, c’était hier. Le bois, tout récemment cueilli, repose dans la cheminée, tu prends une allumette, tu la craques, à deux, nous craquons. Le feu est là, on ne peut plus reculer. Regarde-moi, partout, effleure de tes yeux ma peau moite. Ton regard m’excite et m’attendrit à la fois. Il est honnête, il me fait oublier mes défauts et il me rend belle. Tu es beau. On dormira avec des rêves fous. On se taquine, on se chatouille, on se regarde encore et encore et il fait chaud. Le soleil se couche. On se touche, timidement puis fiévreusement. Tes mains glissent lentement, en silence, elles hésitent, elles reviennent sur leur pas. Je frisonne. Elles s’aventurent là où on ne s’y attend pas mais elles ont le droit. Caresse-moi encore et encore. Il fait de plus en plus chaud et nos corps s’enlacent. L’espace d’un bref instant, le rouge inonde la pièce. Tout disparaît, on oublie tout. Ça nous pénètre, on n’y peut rien. Je résiste, embrasse-moi, je veux sentir tes lèvres légères et brûlantes, tes mains si viriles, si fragiles, si tendres. Je veux les sentir. Pars avec moi, chatouille le creux de mes oreilles, murmure en moi des mots que seul tu connais. Tous les deux, dans un lit chaud, des draps tiédis par nos cuisses, dans la chambre, seul l’odeur de notre chaleur, seule la musique de nos gémissements. L’un l’autre unis dans un plaisir subtil, précieux, passionnel, nos yeux se croisent, se parlent…
Regarde-moi…