Abandon...

Il me murmurait
je t'aime, je t'aime,
il me chantait,
des paroles sans anathème.

Le temps coule,
et mon âme s'enroule,
dans ce labyrinthe d'émotions,
qui m'échappe sans raison.

Doux spectateur,
de ce violent fouillis,
je l'avoue j'ai peur,
comment retrouver l'harmonie.

Il m'a abandonnée,
sans un mot,
sans regret,
il m'a tourné le dos.

J'ai couru longtemps,
à en perdre haleine,
animée de haine,
perdue comme une enfant.

Il me murmurait,
je te tiendrai la main,
je suis bien tombée,
mais il ne m'a pas rattrapée.

La nuit, j'ai crié, fort et encore plus fort,
du bruit, des souvenirs froissés, des torts et encore des torts.

Ses lubies, nos envies,
non, elles ne sont pas oubliées,
son chemin, nos matins,
dans notre livre, publiés.

Alors je garde bien au fond, cette histoire, sans espoir.
Alors je prie au plus profond, devant mon miroir, afin de nous y voir.

Le soleil est apparu,
ma plus grande gloire,
sans vivre abattue,
je serai là le soi.

car je ne referme jamais, jamais complètement,
un bout de conte, un morceau de nous,
non, je ne referme jamais, jamais entièrement,
ce beau conte, ce morceau de nous,
dormant dans une malle au grenier.