La mamé...

Tous les matins,
oeil coquin,
elle s'affairait,
dans sa robe de chambre,
aux couleurs ambres,
elle s'agitait.

Des gestes imprécis,
une glissade murie,
un risque incongru,
et un sourire survenu.

Elle se parait,
de son plus beau tablier,
la journée commençait,
et l'angoisse s'apaisait.

Elle se trouvait seule,
dans cet habitat d'éteule,
qui tenait par ses souvenirs,
un doux nid pour vieillir.

Quelle était son prénom ?
Joséphine, Andrée, Georgette...
elle se voyait à la guinguette,
courtisée avec déraison.

Des odeurs,
dans cette cuisine,
des saveurs,
bien loin de l'usine,
un passé,
dans une casserole,
des regrets,
qui n'avaient qu'un second rôle.

De ma fenêtre, je jouissais, de cette vue champêtre, qui me souriait.
ma seule crainte, me réveiller, la figure dépeinte, face à des volets fermés...

Mais pour le moment,
sans heure ni temps,
je m'amusais,
avec émotion,
à voir virevolter,
avec passion,
cette touchante Mamé...