Le petit lion

Il guettait,
il jouait,
il sautait,
du moins il s'y préparait.

Sa couleur feu, aux yeux dorés,
au corps heureux, libre et léger,
Mais derrière un regard coquin,
se cachait un cœur apeuré.

Dès le matin,
il se levait,
une boule au ventre,
comme si, dans son antre,
la terre l'ensevelissait.
Mais il ne pouvait pas laisser,
cette peur apparaître,
au risque d'y perdre son être.

Il réalisait une roulade,
une queue à la boutade,
et il s'aventurait,
dans les plus larges forêts,
que l'humain craignait,
par ces multiples préjugés.

Il bondissait,
fier et insouciant,
si la vie avait des dents,
il n'en craignait jamais,
ses morsures,
ses leurres,
ses luxures,
et ses erreurs.

Jamais il n'hésitait,
car il n'y avait pas de prix,
pour ceux qui reculaient,
le temps, haut et fort, le brandit !

Ce lionceau,
aux sauts,
les plus beaux,
jamais ne fuyait l'assaut.

Caché dans les fougères,
sous la brise légère,
il patientait,
le bon moment l'attendait.
Il se roulait,
dans les marais,
il rencontrait,
sa dulcinée.
Ils s'éclipsaient,
au crépuscule,
sans scrupule,
ils ronronnaient.

Une journée bien remplie,
un coeur jamais enfoui,
le petit lion...
devenu grand,
a bâti sa maison,
au fil du temps.
quand la chasse se fait rare,
il joue du cithare,
il en rit et encore bondit.

Le petit lion....

Je me suis réveillée,
l'air égayé,
une musique à l'oreille,
des rêves vermeils,
un vague spleen,
rien qui ne rime,
je n'étais plus la même,
le teint moins blême,
délicatement lionne,
une voix qui ronronne...