Aurore

"Bande de chacals,
vous n'êtes que des vandales ! "
la jeune fille s’époumonait,
son esprit épuisé,
les mots la dépassaient,
elle ne contrôlait plus,
comme des détritus,
qui s'amoncelaient,
se nourrissant à leur gré,
de sa colère,
de ses terres.

"Tu as ouvert un tiroir,
et tu as volé tous mes trésors,
laissant alors vide mon corps,
sans reflet dans le miroir"

Elle lui en voulait profondément,
mais rien n'est gravé définitivement,
dans la pierre d'un coeur,
si on y met un parterre de fleur.

Alors qu'elle errait dans cette rue déserte,
au loin, elle aperçut l'orée d'un bois,
des couleurs marrons et vertes,
qui la mettait aux abois.

"Tu n'as pas gagné,
enlève de ce visage,
qui semble si sage,
cet air du malin fieffé !
Tu n'as pas souffert,
certes, tu t'es offert,
à la première passante,
à la chaire blessante.
Mais moi au moins, je sais ce qu'aimer,
implique de dureté,
et de bonheur,
et de saveur... "

Elle abandonna,
sans regret,
son vagabondage,
toutes ces dures images,
sans simagrée,
oui, elle se donna.

Elle ouvrit les yeux,
et découvrit autour d'elle,
ce qui lui redonna des ailes,
un monde heureux,
des couleurs,
des odeurs,
inconnues,
passagères,
éphémères,
mais jamais vaincues !
Elle perdit ce noir et blanc,
qui la rendait nostalgique,
et blasphémique,
elle y perdait son temps.

Son regard se para d'une flamme,
elle ne s'y brûla pas
bien au contraire, elle devenait femme,
prête à faire de nouveaux pas.
Son feu lui donnait une aura,
la foudre jouait ses cartes,
il ne fallait pas qu'elle s'écarte,
elle ne bluffa pas,
elle tenta le jeu,
car son incandescence,
lui rendait son enfance,
lui permettant de dire adieu,
à celui qui l'avait brisée,
à cet arbre déraciné,
qui avait englouti,
ses envies,
dans cette forêt,
alors rougie,
elle reprenait vie,
et l'aurore se levait...
et lui, il allait se coucher...