"Histoire défi" : Au secours

Mots d'Emmanuel Blond : 
ataraxie, bébé, amour, écume, rivage, absence, 
amertume, nostalgie, retrouvaille, rêve


"Pour parvenir, sans revenir,
à l'ATARAXIE, votre future amie,
complète, de votre être,
vous devez vous plonger, sans regret,
ni AMERTUME, dans l’ÉCUME,
de vos pensées, de vos RÊVES,
sans NOSTALGIE, ni trêve ; 

alors vos RETROUVAILLES
hors ferraille,
avec vous-même, 
sur le RIVAGE,
des plus sages, 
et des moins blêmes,
souligneront l'ABSENCE, 
ou la perte de connaissance,
de votre passé, 
ce cher BÉBÉ,
que vous tenait, 
oui, tenait bien trop près.

Ce tendre AMOUR,
recherché à ce jour,
poindra à la prochaine aube,
parée de sa plus belle robe,
et vos douleurs ne seront plus,
à l'horizon, vous serez nue."

Je restais coi,
et sans courroux,
face à ce gourou,
de la rue Quinquampoix.
Etait-il philosophe  ?
Alors je l'apostrophe : 
"oui, mais sinon...à part ça, je fais quoi exactement...?"
Il avait disparu,
face à moi,
une chaise mise à nue,
et une porte sans bras. 

Petit regard arrière,
je lève mon derrière,
je me lance, 
en transe,
sans plus jamais,
me retourner. 
je saisis la poignée,
et j'ouvre,
des toiles d'araignées,
qui me couvrent,
et je glisse,
comme Alice,
dans un tunnel à malice,
aux multiples calices,
un peu de nage,
et j'atterris sur un rivage.
Le coeur qui ravage,
tombé de haut,
sur un sable chaud,
des souvenirs me reviennent,
la nostalgie m'embrasse,
mais plus ne me terrasse.

Légère, je vois ce passé,
sans envie de prendre l'épée.
Au loin, il y a ce bébé,
qui ne cesse de pleurer. 
Je me mets à chanter,
une berceuse enchantée,
il s'apaise, 
et mon âme se met à l'aise. 
A mes côtés,
j'entends cette écume,
nettoyant mon amertume,
je me sens voler.

Est ce que je rêve
devant moi, une drève,
aux parfums hindous,
et aux murmures roux,
je me laisse guider,
parmi ces arbres désaltérés,
par une bruine,
bien maligne,
fêtant ses retrouvailles,
avec ma peau tressaillante; 

je perds mes écailles,
et me sens resplendissante.
Se dresse alors,
et sans aucun tort,
près d'un long port,
et dansant sur l'eau,
un étrange bateau,
aux plus beaux renforts,
coloré et paré d'une robe,
en harmonie avec l'aurore,
et ses couleurs chaudes ;
le désir, le plaisir,
l'amour me fait la cour,
cela faisait si longtemps,
mes barrières s'absentent,
les sens reprennent leur sens.
j'entrevois la bouche béante,
de ce voyage...
aux confins de mon être,
j'en perds ma rage,
et j'ouvre une fenêtre.

Est-ce cela que l'on appelle l'ataraxie


Merci à Manu et à ses mots.