La dame blanche

Large,
petite,
peu sage,
à la Magritte,
à l'infini,
avec un mur,
souvent elle murmure,
et on s'enfuit...

Elle a prit la route,
pour fuir le doute,
je l'ai croisée,
elle voguait,
vers d'autres horizons,
elle avait oublié,
la raison,
une cloison,
qui brisait,
sa maison.
Elle avançait,
sur le dos, un sac de souvenirs,
avec dans sa ligne de mire,
de nouvelles mers ailées.

Elle ne se retournait,
en aucune occasion,
de peur de se tromper,
et de revenir en prison.
Libérée,
elle restait aux aguets,
car sur le fil,
l'avenir est fragile.
Une peine,
hors d'haleine,
sans âge,
qu'elle avait purgé,
avec rage,
d'elle même éloignée,
sans jamais rien choisir,
costumes noir et blanc,
visage sans sourire,
ou faux semblants.

Sur cette route, je la voyais libre et parfois apeurée.
mais la vie essayait de la leurrer, c'était son poing levé,
elle bravait ce qu'on lui avait interdit,
ce que son âme lui dictait, elle le suivait, elle se le devait,
elle l'entendait enfin, sans jamais attendre la fin,
patiemment, doucement, lentement,
non, ce n'était pas sa came.

Trop longtemps,
dans ses murs faussement dorés,
des barreaux éplorés,
elle marche aujourd'hui,
elle transpire,
sueur de bonheur,
elle respire,
parfum d'ailleurs,
elle marche aujourd'hui,
je la dépasse,
avec mon pauvre vélo,
je vois ses traces,
qu'elle fait sonner tel un grelot.
et si je la suivais ?

....

Dans le vent, assise au bord de cette route, je me souviens
je sens encore dans le vent, ses pas certains,
ses yeux voguant, vers un avenir qu'elle pointait,
loin d'être effrayante, cette dame blanche vivait.

Le temps l'emporte et mes pensées enfin sourient.