La fille du vent

Et si j'étais elle,
cette fille qui s'envole,
même sans ailes,
courant après les orioles.
orangé et noir,
même bien tard,
les couleurs se mêlent,
pèle mêle,
au soleil paresseux,
mais si heureux.

Elle se dérobe,
et se joue du temps,
en le piégeant,
de sa plus légère robe.
oui, et si j'étais elle,
jamais la même,
la fille du vent,
toujours s'échappant,
sacrifiant un chemin,
pour tromper le destin,
et prendre un autre train,
aux reflets purpurins.

Tout est possible,
jamais elle ne reste impassible,
aux couleurs du vent,
à son gré aboyant,
elle disparaît dans les courants,
et réapparaît dans le chant,
des arbres,
des feuilles,
qui ardrent,
et accueillent,
cette douceur,
cette ardeur,
venue dont on ne sait où,
parmi les remous,
d'un vent fou,
d'un temps que l'on moud.

Et si j'étais cette fille du vent, cette fille libre et éphémère, jamais amère, qui murmure à vos oreilles en passant, qui vous chante de nouveaux airs, une mélodie d'ailleurs, qui vous entraîne comme les sirènes d'Ulysse dans un monde de calice, la malice baigne ses yeux, les flammes aiment son sourire...
Je suis la fille du vent, emportée de déraison, hantant les couloirs et les chemins ardents, hurlant quand les nuages se font trop lourd, caressant quand l'âme s'apaise, chatouillant les passants et les fleurs,
pliant les rancoeurs avec rage...
Je suis cette fille, car quoi qu'on en dise, elle vit...et tous les jours, je la sens quand se lève le vent..