L'enfant nuage

Tu n'es pas très sage,
je te vois bien volage...

Non, j'ai le coeur lourd,
alors la peur accourt,
et je recouvre ce ciel,
de mes épaisses ailes,
On me craint,
mais tout n'est que baratin !

Tu te faufiles,
toujours sur un fil,
tu t’immisces,
bien délicatement,
parfois tu te hisses,
sous le chant du vent...

J'aime jouer,
et toi, petit enfant ?

J'aime dessiner,
avec tes coussins accueillants,
de mon doigt,
je saisis les contours,
le regard pantois,
j'en fais le tour.
Et me voilà, dans un autre monde,
rien qu'à moi,
j'en suis souvent le roi,
de cette forêt profonde.

Je vois ton sourire,
veux tu que je disparaisse ?

non, seulement parfois en détresse,
j'aime alors me nourrir,
de quelques rayons,
qui passent à l'horizon.
Tu amènes souvent la tempête,
parfois l'orage,
et le temps acropète,
fait parfois des ravages.

Je te vois, allongé,
tranquille, sur cette colline,
je te sens rêver,
parfois d'images manuélines,
tu ne peux pas te passer de moi,
comme une plume,
j'ôte ce poids,
qui t'enferme parfois comme une enclume...
Dors dors petit enfant,
les nuages veillent sur toi...
ils te donnent un toi,
tu leur donnes leur forme, triomphant,
tu es malin...

A demain matin...

Et l'enfant nuage s'endormit dans l'herbe héritage, sous des milliers dessins, irisés de ses propres mains...