Page Blanche

Sur sa terrasse,
elle se sent lasse,
elle s'enlace
et s'agace,
des vieux souvenirs,
jaunis
et ternis,
par un vorace plaisir.
Le vol d'un oiseau,
qui court encore,
vers un arbre chaud,
ou sur un prochain port.
Elle, elle ne peut pas quitter le sol,
parfois, elle le sent, l'envol...
mais on la rattrape.
et tout dérape,
déchirée,
meurtrie,
fouillis,
égarée,
piétinée...
Mais laissez-moi, s'il vous plaît,
m'échapper,danser,
au vent,
au temps,
c'est peut être la solution pour vos pensées,
qu'en dites-vous chère fiancé,
oui, fiancé de plume,
plongé dans la brume ?

elle voudrait écrire,
mais quoi  ?
elle voudrait décrire,
mais reste de bois.
elle craint le trou noir,
le vide,
elle, bien trop avide,
de profonds espoirs.

Elle attend l'encre,
avec un goût acre,
elle entend la main,
s'approchant dès le matin,
hésitante,
tremblante,
non, elle ne vient pas,
non, elle ne prend pas le pas.

Domptez-la !
non, c'est un sens interdit ?
Saisissez-la !
non, on attendra mardi.

Et elle, que veut-elle ?
se parer de noir,
souffrir les ratures,
embarquer dna sune nouvelle aventure,
on écrit sur elle,
beaucoup,
on craint cette demoiselle,
beaucoup,
elle, en quête de son prince,
qui viendra la faire exister,
elle, en quête de provinces,
qui viendra l'emporter.

N'ayez pas peur de moi,
fermez les yeux,
lâchez votre toit,
et de blanche, je deviendrai noir,
et de page, je deviendrai histoire...

Lettre à l'écrivain devant sa page blanche...