Philadelphia

Un poète,
par la fenêtre,
un vieux maître,
une silhouette,
qui se projette,
plutôt fluette ;

On le voit tout là haut gigoter,
il se joue un chef d'orchestre,
son visage aux yeux fermés,
il prend des virages tantôt senestre,
tantôt livresque,
défile devant lui une véritable fresque,
de plaisir et désir,
qui l’enivre à l'infini,
et l'emporte dans l'oubli,
pour ne laisser que le souvenir,
d'un temps où il courait,
où il sourirait,
sans soulever la pitié,
sans rapidement retomber.

Le mal qui le transperce,
ce démon perverse,
qui l'enchaîne,
dans le sombre,
et la peine,
il a peur de son ombre.
La liberté ?
où est-elle ?
son coeur transpercé,
comment retrouver ses ailes ?
L'homme malade,
sous la chaleur d'une ville peu commune,
au passage de la femme brune,
l'homme quitte la rade,
quand la musique s'emballe,
des instruments à vents, à cor, un piano, des violons, violoncelles, flutes, trompette, harpe !!
quand la musique parle,
il déraille,
la maladie, il la raille,
et il sort de ce corps prisonnier,
pour ne faire que vibrer,
quand la chaleur se fait torride,
quand s'annonce la prochaine ride,
il ne devient que ce chef d'orchestre,
orgasme à la clé,
il n'est plus ce qu'il était.

il part, personne ne sait l'heure de son retour, peut être un jour,
il partira sous cette tripotée d'instruments,
qui se baladent et se chamaillent,
se roulant dans une paille,
aux allures d'un autre temps.
Seul moment de répit,
pour ce malade au fond du puits.

chaque jour, je me pose, dans cette rue déserte, d'une ville burlesque,
un plaisir ubuesque, m'attend non inerte, dans un coin de ciel rose, chaque jour.

mon regard se tourne sur cette fenêtre,
où le poète malade,
vit ses instants de gloire peut être,
avant que la mort ne s'abatte.

un spectacle des sens,
je renais devant tant d'aisance,
il croit en un autre paradis,
je crois tout simplement avec lui.