Sur le fil....

Il m'a murmuré,
en ce soir orageux,
quelques aveux,
qu'il cachait,
par peur de perdre,
ses plus sombres secrets,
en écoutant le sable s'éperdre
contre l'écume de ses pensées.

Il m'a murmuré,
que les rêves l’effrayaient,
il ne parvenait pas,
sans égarer ses pas,
à les contrôler,
sans qu'il prennent débat,
entre leurs mains d'acier,
mais un velours si béat.

Il m'a murmuré,
que c'était reculer,
que de rêver.

....

Je me suis écroulée,
je n'avais jamais rencontré,
une telle âme
sûre d'elle,
et sans dentelle,
ne laissant rien à la rame.
J'ai réfléchi,
les mots m'ont éconduite,
j'ai perdu mon latin,
sans être sûre du lendemain.

Cependant, je suis restée
oui, bien dressée,
sur mon fil,
équilibriste,
fuyant le triste,
toujours habile.
Il est blanc,
sur fond noir,
je suis rouge,
à l'intérieur.

Il m'entend, même très tard, la vie bouge, à toutes heures.

J'ai confiance
en mon fil d'éternité,
toujours aux aguets,
jamais il ne me regarde
avec méfiance,
et sans mégarde,
je lance,
sans aucune instance,
dans son inconnu,
à sa vue,
je me sens libre,
et souvent ivre,
toujours sur un fil,
comme si les rayons étaient mille,
toujours en danger,
jamais lâché.

...

Il m'a écouté,
de son oreille impatiente,
bien loin de Kant,
il a abandonné ses derniers préjugés...

J'espère qu'il saura monté,
sur ce fil bien peu certain,
mais bien plus malin...