Episode 1 : Les Sirènes

Le bon vieux marin,
de retour un matin,
pas très causant,
à son habitude,
souvent délirant,
enveloppé de turpitude,
se posait à son bar,
l'air hagard.

Alors je me glisse à ses côtés car j'aime tel un enfant me bercer de ses histoires à mille tiroirs. Dans ce patelin, personne ne fait cas de ses quelques pas, c'est pourquoi il aime tant mon oreille attentive et provocative.

"Allez viens viens,
comme des sirènes,
à en perdre haleine,
allez viens viens,
elles m'appellent,
les rênes se gèlent,
et se brisent,
sous son emprise...
au loin se bat la brise,
transportant leurs mots,
comme un chant du hameau..."

Ca y'est, son histoire commence...il se lance...
l'alcool, meilleure compagnon,
délit sa douce maison...

"Une voix profonde,
qui dévorent les ondes,
mon bateau chavire,
quand mon coeur vogue,
j'avais perdu toute ire,
et ma voix rogue,
s'éteignait lentement,
et devenait un simple passant.
Elles se jouaient de moi,
je n'étais plus le roi,
à ce jeu de l'aimé,
je le savais,
je perdais l'aguet,
et tombais dans leur filet.
Je ne savais que faire,
j'allais dans leur tanière,
j'y découvrais un paradis,
oui, bien peu austère,
me manquait alors l'air,
de loin, elles rient...
des caresses,
qui jamais ne me lassent,
chasser la détresse,
rien ne m'harasse.

Mais un coup de vent,
effraient ces femmes-enfants,
je me retrouve à l'eau,
me débattant penaud.
sur mon bateau,
l'air se fait plus clair,
sur mon bateau,
je lève les amarres,
et m’attèle à la prochaine gare..."

El le bon vieux marin s'endort dans son verre...
...les sirènes existent et pour moi, les rêves persistent...