La danse du papillon

S'oublier,
sentir son corps,
les amarres larguées,
je quitte le port.
Se voir partir,
sans rien apercevoir,
toujours boire,
la musique à venir.

A deux ou seule,
bien loin de tout écueil,
un ange en vol,
je me dérobe,
là sous ma robe,
sans gloriole.
mes pieds frivoles
ne freinent pas leur envol.

je ferme les yeux,
et je sens mon visage heureux,
le rythme sous la peau,
comme au fil de l'eau,
le frisson,
s'anime,
jamais je ne brime,
cette déraison.

Deux corps qui ne font qu'un,
un désir assouvi,
de liberté,
d'envie,
de téter;
la vie,
d'une autre façon,
sans glaçon,
un désir assouvi,
je le dis,
de se mouvoir,
sans bloquer son miroir,
des jambes qui s'échauffent, des corps qui se tendent et se détendent, des rêves que l'on déchausse...
des corps qui se tordent, des ailes que l'on porte, des corps qui s'accordent, un ventre qui se bombe, un dos qui se courbe, un dos qui se courbe...

des tours, des tours,
la tête me tourne,
aucune ristourne,
je veux profiter,
je veux me lover,
dans ses mouvements,
vibrer sourdement,
une impression de perdre l'équilibre,
des flots du Tibre...

Enfin, et tout simplement, danser, danser, du jour au matin,
cela me manque,
je me planque,
quel lendemain ?
lui et elle,
retrouver ses ailes,
se déplacer en volant,
rien de navrant,
la musique, je vole, plus fort, plus fort, plus aucun tort...oui, oui, viens à moi, ma reine, je me berce de ta traîne, oui, oui, viens à moi....je me laisse prendre à son jeu...