Le mal du siècle

Il a laissé sortir sa rage,
qui a tout emporté sur son passage,
je suis alors tombée,
et plus rien n'était.

Non, je ne cours plus,
et c'est bien malvenu,
la plume me manque,
c'est toi, saltimbanque,
qui est parti trop vite,
sans que je ne t'y invite.

Une page blanche,
se déverse en avalanche,
mon visage pâlit,
dans un miroir vieilli.
Les mots me trahissent,
l'encre se hisse,
et la barque vogue,
un sillon rogue,
que mon regard hait,
je veux retrouver la paix.

Il fut un temps où elle écrivait de livres pour enfants ou simplement des romans, un temps où elle souriait à travers sa plume, où l'histoire n'était pas une enclume, 
puis elle a chuté, le mal la rongeait,
elle se sentait perdue, trahie par ses propres outils, 
pour elle, ils n'étaient plus que des inconnus. 
elle perdait le contrôle, déchirait des pages et des pages raturées,
elle en avait marre de ce rôle, de ces jours à compter pour rendre son travail, toujours la même bataille, un rôle sans liberté.

Puis un jour, la peur partie...les mots m'ont suivie, ils ont grimpé en moi comme de petites bêtes trop longtemps empaillées.
Je croulais sous le poids de mes verres, une cave sans fond, ils m'ont retrouvée, ces larrons ;
ils m'ont défiée, m'ont retournée, m'ont mise sous la pluie et l'orage. je me suis confrontée alors,
à l'âge, à la déraison, j'ai remonté le puits, car ce n'est pas une vie, ici bas...

...