Le Voyageur

Impatient et trépidant,
il n'entend pas la houle,
il brave les foules,
et fait grincer son trident,
tel ce dieu tout puissant Poséidon,
il en perdrait jusqu'à sa propre raison.

Loin de l'amertume que la vie lui a offert,
il n'est pas chez lui coutume de regarder derrière,
fier de cette vague au teint éphémère,
il en oublie son rôle de père.

Au creux d'une main humide,
immobilisant ce mât à l'allure timide,
il tient la photo jaunie de ses pupilles,
deux enfants jouant dans la cour aux billes,
le front gouttant de saveurs et d'ardeur,
dans la nuit sombre, aucune pâleur,
la lune se reflète sur ses envies,
plus rien n'arrête ce cœur hardi....

La mer l'appelle comme une douce berceuse,
Oh enfer, tes joies sont si ripailleuses,
le vent l'invite au voyage,
à l'intérieur il n'a jamais été sage,
La musique serpentine l'enveloppe,
quand vient à monter cette eau éhontée,
il se jette sans hésitation dans ce blanc épuré !

Ce voyageur n'a plus d'âge aujourd'hui,
au port est revenu son navire épuisé,
son âme, dit-on, gît dans les profondeurs aisées,
certes, brave homme est parti,
cueilli par ses propres désirs,
mais se dessine au loin encore et toujours son sourire....

à un ami voyageur....
à un ami aimant les mots...
à un ami bercé par la musique...

Oui, on murmurait....l'amoureuse du voyage,
si douce, si mystérieuse, si éthérée...
elle quittait les rivages,
quand le cœur s'alourdissait...
On la connaissait mal,
il fallait l'apprivoiser,
l'amoureuse animal...