Les papillons noirs

Tu tournes trop vite,
les papillons noirs
autour de ta proie,
les amants d'autrefois

à ta danse tu m'invites,
appelant le soir
autour de moi,
ils en perdent la foi

tu te déploies,
tes yeux de roi,
charment l'insensé,
tu vas tomber...

Les papillons noirs,
comme maudit,
laissent leurs ailes échoir...
jouant une tragédie...

Tu tournes trop vite, ils ont peur
trop vite pour moi, des gouttes de sueur
 j'en perds ma foi, noient leur coeur
je crains l'effroi, et broient leur bonheur...
c'est dire la turpitude, un ciel d'étoile
qui m'enveloppe face à la perte de l'habitude, glisse de leur toile
de toi, de ton corps, 
une mise à mort,
et tu continues,
comme si tu ne me voyais plus.

Dans la nuit, les paillons noirs
jamais tu ne faiblis, amants sans espoir
tu tournes vite, trop vite
je t'évite, vivent dans le noir
cela fait mal, la fin de leur histoire
je me sens sale, perdus, ils ne peuvent se détacher
délicate dans le temps, il s'en va à l'arrachée
tout me pèse à présent...il n'est plus

A deux, on brise cette branche,
tu t'envoles,
je glisse en caracole...

Chuuuut....écume du jour, le bruit disparaît, un seule voix naît...

Quand au loin une lanche....
à l'horizon, comme une nouvelle maison, se dessina des ailes, d'un rouge profond et sensuel,une musique rituelle, qui l'attire et calme son ire. Le vent la retient, de sa couleur satin ; il vient papillonnant, sans pressentiment, elle s'abandonne et croit en une nouvelle donne. Il tournoie moins vite, il préfère la valse, sous son air rubace, plus elle n'hésite, elle rentre dans la danse, celle qui panse, celle que l'on n'espère plus, car elle est rarement vécue. 

Les deux papillons volent alors haut, dans un nouveau tourbillon...