O...

Assise sur un banc,
elle écoutait,
sans pouvoir parler,
la vie continuait,
elle s'arrêtait,
pour elle,
elle abandonnait ses ailes,
partait sur Umbriel,
en tous cas, loin du réel.

Elle se réveilla un matin,
sans la moindre miette,
d'un souvenir ou d'un lendemain,
comme une vie aux oubliettes. 

Pourquoi tu me regardes ? 
ah, tu baisses la garde ? 
laisse moi en paix ! 
non, plus jamais.
C'est mon banc,
mais j'ai tout mon temps.

Elle le surveillait d'un mauvais oeil,
elle souhaitait juste continuer à se cacher,
et faisait preuve d'orgueil,
qu'il parvenait à déjouer.
Il lui saisit la main...

Mais tu ne vas pas bien ? 
Pourquoi tu trembles ? 
je ne tremble pas...
Tu rougis ?
Je palis,
et si tu suivais mes pas...?

Toute une histoire,
à dérouler ce soir,
elle devait pour cela se jeter du pont,
mais cela demandait de renoncer,
aux plus beaux attraits,
d'une vie...sans renom.

Elle le regardait...

Tu as peur ? 
oui...sans arrêt...
tu as de la rancoeur ? 
non...je ne me souviens plus,
autour, tout m'est inconnu...

Il la leva sans entendre son refus,
il la tira bien loin,
elle résistait de moins en moins,
pourquoi craindre d'être nue ? 
Et si il lui redonnait vie,
si elle quittait ce banc,
il est encore temps, 
des errants, elle resurgit...

Peut-être...peut-être...

Sur la banc...des traces...des souvenirs...des rires...des murmures...des murs effondrés....