O...

Plic ploc....
elle faisait,
Plic ploc...
elle chantait.

Elle passait, de murmure en murmure,
sans se lasser,
à travers les gouttes d'une pluie sauvage,
sans âge.

Plic ploc,
elle caressait,
plic ploc,
les visages fermés.

Elle apercevait les plus heureux,
les plus perdus,
les amoureux,
les éperdus,
elle glissait, certains se protégeaient, d'autres en riaient.
Marcher sous elle, si charmant,
marcher sans aile, si gênant.

Elle les aperçut, sur un banc,
leurs mains se déliaient,
petit à petit,
elle restait impuissante,
et les larmes coulaient.
il partit, elle fut déchirée,
elle tomba sur lui, mais rien n'y faisait.
l'orage grondait,
le plic ploc se perdait,
elle savait qu'il était temps de fuir,
mais elle ne pouvait pas la laisser seule,
sous elle, plus aucun sourire,
enfermée sous un linceul,
elle tenta le tout pour le tout,
plic ploc, fit-elle tout doux...

ses yeux se ferment,
le calme sème,
une larme à la pluie,
prend sur sa joue appui,
ses lèvres se meuvent,
l'air devient fauve,
elle ouvre son regard,
en elle, il est trop tard,
elle le voit partir,
plic ploc, je la couvre,
à présent il va falloir guérir,
plic ploc, elle se couvre,

plic ploc et devient la fille de la pluie...