De l'autre côté de la lune...

Je suis le vent,
petite âme sans défense,
vers le pont au loin j'avance,
traverser à temps,
je ne sais pas si je pourrai,
dialogue de sourd,
le soleil se fait lourd,
je ne sais pas si là-bas je vous verrai.

Je suis la pluie,
je cherche tous les jours, je fuis,
dans le goudron ou l'ennui,
je trace des chemins sous terre,
que certains piétinent,
on dit de moi que je dandine,
mais vous, vous me faites la guerre.

Je suis la tempête,
au plus mal je guette,
quand la ronde clôture une journée rude,
je tombe à pic sans contrepartie,
je détruis toutes les habitudes,
les visages se ruent, glissent ahuris.
Au plus profond, bouillonne la conquête,
non, je le jure, je ne joue pas la coquette,
je crie l'espace,
je décrie l'exigu,
je résonne jusqu'aux oreilles les plus inconnues,
ma rage joue de la basse.

voilà mes plus beaux voyages, que je mets pas écrit, car je crains les fuites et l'oubli.
voilà les plus beaux visages, que je mets en peinture de mots, car je crains la page blanche et le retour au cachot.

Où va t-on ?
Moi, j'entends que rien ne tourne rond,
où va t-on ?
de l'autre côté de la lune,
le petit prince sur la dune,
qui discourt patient de passions.
Mais que connaît-on sans un voyage ?
jouer le plus sage,
cela va un moment,
pourtant quand fuit l'instant,
il faut saisir le courant,
et rattraper le temps,
ou peut-être juste le surprendre ?
alors on part, on part loin,
sans y porter grand soin,
et voilà qu'on se laisse prendre,
par ce que certains appellent amour ?
je ne connais pas, je ne connais plus,
ils se cherchent au jeu de la mourre,
je ne connais car vaincue.
Mes bagages sur le dos,
je rase les flots,
je continue une route,
laissant de côté la soute.
Je préfère celui de la lune...