L'Amoureuse

Muse des temps modernes,
Picasso aurait étrenné sa chaire,
si tendre, si ferme,
si violemment douce et chère.

Elle découvre avec pudeur,
ce mot que personne n'ose sourire,
ces quelques lettres si fragiles et mystérieuses,
elle les veut avec ardeur,
s'épanche d'un coeur sans ire,
et s’apitoie devant ses heures rieuses.

Où es-tu ?
tu joues à cache-cache ?
où vas-tu  ?
une valise de toi se détache,
je frissonne,
car nos corps ronronnent,
des ébats qui s’effilent,
tu te défiles ?

Muse triste à la larme tranchante,
elle parle, elle dicte,
elle fond, rageante,
elle a mal, jamais elle n'abdique.
quand la musique naît,
le monde à elle paraît,
ses yeux s'animent,
malgré la brume et les abîmes.
Elle est elle, et seulement.
Elle le sent, elle le touche,
en lui, fonce sa bouche....

Tout s'effondre,
te souviens-tu de cette dernière étreinte,
celle qui pour moi jamias ne sera éteinte ?
j'entends au loin ton regard qui gronde,
il me manque tant,
je me ronge,
je m'étends,
la vie sort de moi sans toi,
est ce un songe ?
la vie ne veut que toi.

Elle en perd ses sens
et raisonne à l'envers,
elle ne sait faire taire,
ces maux,
ces troubliots,
pour lesquels elle se met en transe.
elle souffre,
parfois plonge dans le gouffre,
mais point de remède,
à celui qui voudrait être l'archimède,
ou le contre-maître,
de ses désirs ou pulsions,
dans sa chaire et dans son être,
elle est, elle nait, elle n'est plus,
elle craint l'ombre et son inconnu
elle paraît le fantôme de elle-même,

il est parti,
il ne m'aime,
il s'est enfui,
tu es parti,
oui, voici l'amoureuse....