Coup de vent...

Non,
écoutez-moi,
priait la jeune folle,
lisez en moi,
ce n'est pas un rôle...
Il ne s'agit ni de jupes,
ce n'est pas une histoire de dupes ;
le jeu,
reste de feu,
l'enjeu,
n'est pas très heureux...
le vieux sage,
de sa cage,
verte et mure,
déserte et mature,
répétait,
comme une machine à musique,
vieille et onirique

"la vie passe en coup de vent"

Ce matin, j'ai balayé mon porche,
gisait alors par terre les cendres,
brûlées hier à la torche,
d'une vie partie en méandres.
Le vent courait,
je ne pouvais le rattraper,
les souvenirs se sont mis à fuir,
et j'entendais l'herbe en rire,
un pré au coquelicots ?
non, je ne rêve jamais à demi-mot !
ne m'attachez pas,
je ne suis pas folle,
ce coeur dont je raffole,
se joue de mes pas,
je rougis ?
je faiblis ?
car vous refusez de me croire,
vous ne pensez qu'à boire,
les leçons d'un institut,
qui taquine l'inconnu,
sans se regarder dans un miroir.
je représente l'espoir,
et ça vous tue !
la vie passe en coup de vent !
qu'espèrez vous ?
le prochain rendez vous ?
malheureusement, laissez moi vous apprendre,
mon temps n'est pas à vendre,
le mistral tape fort,
il vient à grand tort,
balayer
rafler
perdre
être en berne,
tant pis,
piquez-moi,
je vous le dis,
en émoi,
la vie passe en coup de vent...