Je t'appelle...

...Quelques lettres,
lancées au bord de ses lèvres
angoisse, es-tu là ?
je sens ses pas,
elle boit ma sève,
oui, juste quelques lettres....

et l'histoire commença...

"je t'appelle"

sa voix résonne dans mon être,
comme l'alcool de la foudrière,
je pers ma raison,
et fends toutes les cloisons.

elle s'abandonne....

La nuit, je deviens folle,
les années se suivent,
et les heures restent sur le qui-vive,
toutes ces abeilles dont le soleil raffole,
un bourdonnement se rapproche,
l'attente, le temps s'accroche,
va t-il venir ?
va t-il à nouveau me sourire ?
une chambre d'hôtel,
aux murs blancs pastel,
au loin la mer murmure,
l'écume passe et repasse,
et dans ma tête, je ressasse,
j'entends sa voix et son allure,
je tourne en rond,
et brûle la toison,

elle brûle de passion...

Il joue avec le feu,
et fait tourner mes yeux,
des paillettes en cendre,
je n'ai plus que mon âme à rendre,
les feuilles éclairées par une lune curieuse,
une pleine qui a la face rieuse,
au loin les loups braillent,
non, je n'ose penser qu'ils me raillent,
si, ils m'observent,
ils essaient de me faire perdre ma verve...
et si je lui écrivais une lettre ?
que je jetterai comme le vent par la fenêtre,
Des papillons noirs de mes sens,
tournoient dans l'antre des maux,
il n'y a que son regard qui panse,
la peine, l’enivrement qui dansent sur l'eau.

Elle perd la raison...

Il gagne,
du terrain, la vague,
mon coeur part en Espagne,
quand l'esprit zigzague,
oh fier torero,
tu ne fus pas un cadeau,
tu m'as planté tes piques,
j'en ai oublié les risques,
je t'appelle, je t'appelle,
mais ne me vient aucune aile,
je pense avoir rêvé ?
je perds les racines de la volonté...

elle tombe dans mes filets...

volupté...douce amère nuit,
qui n'apporte que des ennuis,
ta cape est de sang,
ma vie est entre tes mains,
du balcon je vois le sol,
où repose mes mains moites et molles,
tu as vaincu mon lendemain,
par ces quelques lettres prononcées dans un baiser...
je t'appelle, je t'appelle...

et s'en va au vent sous l'ombrelle...