La légende d'Ulysse

"Reviens,
Pars,
Laisse-moi,
je te chasse,
tu te lasses,
attache-moi,
pars,
reviens..."

Du haut de son mât,
il n'avait aucun droit,
si ce n'est d'écouter sans bouger,
outragées, elles se voyaient meurtries,
par l'intelligence de ce bel érudit,
qui de loin profitait de leur talent né.
Elles l'attiraient dans leurs filets,
celui de la Sicile,
une Messine qui assassine,
même les plus virils...
Sans foi ni loi, ces sirènes,
elles crachaient de la haine,
pour la gente opposée,
elles restaient aux aguets,
des mers si épouvantées.

Mais....Et Ulysse dans l'histoire ? 
il ressentait quoi à l'intérieur,
de l'envie, de la peur ? 
voulait-il toucher le ciboire ?...

Silence, écoute, écoute bien, le chant d'Ulysse, Petite !

Regarde, devant toi se dresse son miroir ;
Décadence de ses yeux qui s'irritent,
sentir son destin qui bascule,
la tempête qui se déchaîne,
rousse lune de laine,
elles hurlent, elles hurlent...
et.....
j'en perds le fil d'Ariane,
leur peau si forte qui se tanne,
je les sens, elles m’entraînent,
l'amour, le désir en moi qu'elles drainent,
je ne peux me résoudre à rester sur ce lit,
devant moi se dessine un néant,
qui s'agite, oh beau turbulent !
je suis transporté, comme anéanti.
Leurs voix sont unanimes,
et la flamme en moi s'anime,
je veux les sentir,
je veux les bénir,
je veux les toucher,
je veux m'en baigner,
Oh douce volonté de fer,
tu es parti contre ma raison en guerre,
Retirez-moi mes chaines !
brisez ce bâton de bois !
je veux être leur roi !
et taire leur maudite peine !

Mon corps se plie si violemment,
sous la sensualité de ces satanées musiciennes,
des sorcières, des guerrières...
Mon corps se joue et se ment,
sous la beauté de ces lèvres aériennes,
des bergères, mes sources d'hier...

J'aime, je suis aveugle et amoureux,
cette folie, une vraie douceur,
je bénis le ciel de laisser vivre mon coeur,
qui s'abandonne à ce danger si chaleureux,
plutôt mourir que de vivre à moitié,
je ne serai pas vaincu,
je ne les quitterai plus jamais,
au moins, j'aurai vécu...