La princesse et....

le crapaud...

Je t'ai rencontré,
j'étais un crapaud.

mais je ne crois plus aux contes de fées...

arrête, ne te cache pas derrière ce chapeau.

tu préfères le buisson ?
tu me fais perdre la raison,
je le sens à ton ton,
ta voix de baryton,
qui se joue avec défiance,
de mes craintes,
de mes oublis,
des nuits,
des toiles peintes,
et me laisse sa chance.

Tu es poétesse ?
je te sentais en détresse,
de mon lac,
aux couleurs ablaques,
je voyais tomber tes larmes,
qui fendaient le reflet,
comme une lame,
des tes yeux égarés.

Tu ne veux m'abandonner ?
le chemin est long,
tu risques de n'y voir que les ronds,
de te perdre sous la sphère,
de voir que la vie est éphèmère.

Avant toi, je me noyais,
j'étais petit et peureux,
pas très heureux,
le ciel m'étouffait.

Tu veux un baiser ? 

Et toi ?

je n'ai jamais été une princesse,
pour personne,
seuls les coups résonnent,
je refusais toute messe,
cette propagande des mots,
qui blessent,
comme un chalumeau,
et toujours se dressent,
quand un mur s'écroule,
j'en suis devenue saoûle...

J'ai toujours été un crapaud.

Je ne sais pas ce que c'est qu'une princesse.

Tends la main,
ferme les yeux,
jette quelques graines de lin,
que viendront picorer tes aieux.

ça fait mal d'être une princesse ? 

non, si tu restes un joyau.

Mais tu es un crapaud ?

et alors ? les choses changent,
cela te dérange ?

Je ne sais pas ce que c'est qu'une princesse.

Je ne sais pas être autre que crapaud,
et pourtant, dans tes eaux,
je le suis,
partout je te suis...

Je me sens voler,
je te sens coller,
je te sens doux,
je ne sens les remous,
aucune secousse,
mais de une nouvelle pousse,

là-bas, dans nitre lac...