L'Oubliée

Un recoin,
peu de soin,
elle se cache,
elle saisit la hache,
se sépare de ses chaines,
et abandonne sa haine.

On ne l'entend pas,
on effleure sa mélodie,
on aperçoit ses secrets,
elle se rend là-bas,
où flamme encore la vie,
où les vices sont étouffés.

Une plage,
un galet,
quelques jets,
et on est en un instant moins sage,
de l'écume,
qui parfume,
les âmes esseulées,
les âmes écervelés,
elle passe,
elle repasse,
elle croise,
jamais ne toise,
elle va,
elle vient,
le vent efface ses pas,
le temps la berce moins bien.

Le chant d'une mer déchaînée qu'elle n'a jamais eue, les pieds dans l'eau,
elle prendra certainement,
de gré ou malgré,
le prochain bateau,
qui flotte ou prenne l'horizon,
elle navigue en silence, un clapotis de défiance,
elle tourne,
se détourne,
elle recroise,
au cœur une baloise...

Sur le banc,
elle mire le soleil couchant,
et demain tout sera oublié...