Cirque

Un, deux, trois,
tournez,
ne cherchez pas,
venez voyager,
car c'est ce que vous trouverez sous ce toit.

il n'y a ni foi,ni loi,
si ce n'est celle du coeur,
certes, pas toujours droit,
parfois offre de belles aigreurs,
mais c’est un prix à payer,
quand on se jette à nu,
dans un puits égayé,
par l'attirance de l'inconnu.

Un, deux, trois,
ferme les yeux,
ne sois pas peureux,
il n'y a que toi,
les saltimbanques,
ils ont tous un manque,
que l'on vient combler en arène,
quand le temps trop vite s'égrène,
des clowns, des accordéons, parfois maladroits,
mais toujours plein d'espoir,
quand l'oeil s'écarquille,
on voit de loin toutes ces billes,
sur les visages face à cette foire,
mais où l'on se sent roi.

Ferme, ferme les yeux,
un, deux, trois,
laisse toi porter,
par ces douces notes chantées,
un,deux, trois,
oui, ferme les yeux...
entends et touche ce rythme,
que tu as perdu,
celui que tu ne vois plus,
celui du temps suspendu,
celui qu'on ne lit plus.
Un récit dans ce cercle d'aventures,
des mots dans un siècle de fioritures,
celles que l'on croit obsolètes,
mais essentiels à nos petites têtes...

Un, deux, trois,
et le cirque rentre en piste,
j'avoue, j'ai toujours craint,
toute cette faune élitiste,
qui faisait la fête jusqu'au petit matin.
ces cages, ces injustices,
cette fausse liberté,
ces espiègleries et autres voluptés,
mais ce ne sont que des préjugés que je hisse,
c'est une famille,
une famille de funambule, de papillons, de papilles et de pailles,
de charme et d'envies, de musiques et de silence, d'aisance et de fragrance, de papillons, de circassiens, et toujours ces funambules qui courent les fils, en mettant en danger, ceux qu'ils n'ont pas.

mais si je suis fatigué,
ils te donneront leur bras,
si j'ai pleuré,
un mouchoir d'eux, tu l'auras...
un vie de route, de chemins,
qu'as tu à perdre ?
une vie incertaine au ciel marin
ne reste pas à l'abri sous ce cèdre !

quelle vie, quelle chaleur !
des tours et des détours !
quelle cadence, quelle saveur,
des pièces et des sièges...
sous un chapiteau, le temps ne se compte plus,
et moi, j'aime bien l'inconnu.