La fille aux rêves....

Laissez-moi vous conter,
une de ces histoires qu'on se plaît à taire,
car elles sont de trop,
dans un monde plein à rabord,
qui ne trouve plus son port,
et racle tout au râteau.

Ces petits nuages,
disons-le, pas bien sages,
qui s'insinuent dans votre corps,
quand votre visage dort,
comme des petits poissons,
libérés d'un mauvais filet,
qu'un pêcheur alcoolique,
a laissé s'échapper,
voyage onirique,
voyage tout court,
voyage toujours,

je veux, je veux, je veux....
oui, j'aime rêver, en vrac, sans tact, j'aime dire tout et n'importe quoi, j'aime vider, j'aime prendre, j'aime charger, j'aime être prise, j'aime endurer, j'aime bercer, j'aime j'aime être aimée....

il n'y a que dans les rêves,
où la vie vous laisse une trêve,
où on peut tout avouer,
sans craindre l'enfer,
sans l'angoisse de l'envers,
sans la peur des secrets...

les rêves, c'est comme un autre monde,
on ne s'en rappelle pas bien,
j'aime être embrumé, j'aime être remarquée, j'aime être à nu, j'aime toucher l'inconnu, j'aime savoir que je vais rejoindre le sommeil, j'aime que rien ne me réveille,

ces petits mouchoirs volants,
qui bercent les arbres de devant,
de ma fenêtre,
rien ne joue à paraître,
la lune s'amuse de ses étoiles,
qui tourbillonnent pour l'oeil narquois,
mais laissent coi,
la jeune enfant de la toile,
oui, celle qui apparaît,
sur le tableau à l'entrée,
jusqu’à là, elle s'ennuyait,
mais ce bal de minuit,
fait danser ses rêves,
et la voilà les yeux assoupis,
alors que s'apaise la pluie,
le ciel assombrit,
quand trône la nuit,
celle qui dans son esprit luit.

Elle est partie,
elle gigote,
loin d'être sotte,
elle vit sa vie,
celle d'aventure,
celle qui dure,
quelques heures,
parfois fait peur,
elle sursaute,
libère un note,
et se recroqueville,
elle doit jouer uax billes.
dans la cour on ne la laisse pas,
alors elle en profite,
cachée derrière un tableau de Magritte,
elle danse et oublie vite,
tous ces petits rites,
qui dans la journée, lui donnent le pas.

Elle rêve...je l'ai dit....elle rêve....ce n'est plus un secret.
elle passe de monde en monde,
sans aucun sens,
elle se balance,
sur un rocher ou accrochée à la lune,
qui se décline en dune,
et se déplace en onde,
oui, on ne l'entend pas,
car là-bas,
elle a le pouvoir de voler,
de chanter,
de plaire,
de déplaire,
de s'accrocher,
de virer,
de vibrer,
de tourner,
 de se retourner,
de fuir.....
de fuir....
car on ne l'enferme pas ici,
on ne l'enferme pas....