Monologue : dialogue de souvenirs

là-haut, une cime qui chantait,
quand la neige tombait,

oui, mon plus beau souvenir quand j'étais une enfant,
celui qui fait rire, quand passe le temps...

Du blanc qui glissait en coton,
sur mes rêves encore embrumés,
au chaud sous les draps,
le clapotis au carreau,
qui me berçait au plus tôt,
dans le ventre d'une mère,
qui n'a jamais touché terre.

des souvenirs, des souvenirs,
qui se disputent, se mêlent,
on les croit peu réels,
et sous un doux vent les voilà brunir...

une saveur dans le lointain,
d'un café du petit matin,
qui venait taquiner mes narines,
aussi douce que la fée Mélusine,
je me levais impatiente,
car la nuit badine l'attente.
Un baiser pour se réveiller,
qui caresse jusqu'à l'éveillée...

te souviens-tu  ?
te souviens-tu ?
on dit que les années passent,
si vite, si vite,
on dit que les années effacent,
si vite, si vite,
l'appétit de la vie,
et parfois juste l'envie.

Ciel cotonneux,
un hiver s'annonce rude,
le jaune reste prude,
quand dorment les amoureux.
un après-midi gelé,
les visages courent dans les forêts,
pour ramener un bois désemparé,
par le feu qui les attend,
car oui les flammes n'ont pas de pitié,
et laissent parfois le néant.

J'ai envie de toi,
là tout de suite, maintenant,
souvenir chaud des désirs amoureux,
j'ai envie de te voir,
de briser le miroir,
celui qui nous sépare,
deux mondes, des remparts...

La famille se réunit,
ne pensant pas à l'avenir parfois pesant,
celui que l'on n'attend pas,
un canapé au pas,
griffé par un animal bien trop présent,
mais qu'on aime tant comme un petit.

les draps moites,
cet orgasme qu'on miroite,
un chat à pattes de velours,
il faisait nuit,
mais jamais gris,
comme une impression de recul du jour,
on attend la lune,
pour y voir ses quelques dunes,
et on se laisse porter,
quand viennent alors les baisers...

une temps de pluie,
qui s'abat sur une ville crue,
pas de répit,
pour ces passants inconnus,
qui arborent les rues,
comme si ils étaient perdus,
une fourmilière
que je regarde de travers,
elle m'effraie,
la foule qui défraie,
ma chronique en vers,
et je ne sais la faire taire....

je me souviens, je me souviens...
tant d'images, 
certaines s'éperdent,
elles ne sont pas très sages,
mais j'ai peur de tout perdre,
de tout perdre...
alors il faut écrire, écrire 
certaines s'envolent, avec le sourire, 
je ne sais que dire,
si ce n'est de prendre ma lyre,
celle d'encre,
et de dessiner quelques lettres imbues,
sur une page capricieuse,
juste quelques lettres issues,

d'une folie rieuse....