Monologue : le trottoir

labeur, labeur, labeur,
oui, ça vient du coeur,
vous croyez quoi ?
bande d'ingrats !
et m'revoilà sur le trottoir,
j'ai peur de me regarder dans le miroir,
et de ne pas m'y voir,
fantôme de moi-même,
j'essaie d'oublier et de boire,
ainsi ma folie, je la sème,

oui, oui, elle me court derrière, parfois elle me serre, quand elle atteint mon esprit, elle prend vie,
c'est étonnant, là sur ce trottoir, un soir, je vous raconte ma vie, tout comme entre amis, c'est avilissant,
car personne à part vous ne m'entoure,
personne ne me fait la cour,
tout le monde me baise,
la main et mon lendemain,
ma main et le lendemain.
Ils rentrent et se mettent à leur aise,
on me vole mes secrets,
ce qu'il y a de plus intime,
ce qui nous anime,
les plus aux aguets,
vous prennent même votre chaire,
votre terre mère,
si mon père....si mon père...
je ne peux pas, je ne peux pas,
non, aucune condition,
aucune proposition,
j'ai trop mal,
je dois me taire,
car ici on se terre,
je ne peux pas, j'ne peux pas.

il ne faut pas articuler son nom,
d'ailleurs quel est mon prénom ?
parfois Candice,
sur sa peau tout glisse,
mes joues mentent,
ma peur monte,
j'en paie la rente,
et je garde ma honte.

où est Eurydice?
une de ces déesses délices,
j'aimerais être une de ces femmes,
qui élèvent les flammes,
d'un être masculin,
viril et malin,
mais dont ses charmes les rendent pauvres,
ainsi ils cuvent et deviennent sobres.
son vin les rend vain,
sa sensualité les rend vrais...

sur mon trottoir, je clame ma différence, on peut parle de défiance, oui, tous les soirs, je défie le temps, je défie l'argent, je défie mon propre corps ! Je n'ai rien d'uatre à faire que de me taire,
oui, je pleure ! et alors ? j'aimerais parfois secrètement me rendre au port, à n'importe quelle heure, et partir, oui, c'est mon secret, qui trotte sans arrêt. Arrêter tout ce bordel, retrouver mes ailes, je les ai perdues, envolées dans le plus mauvais des crus, ah ! ce jour-là je portais un haut écru et je n'avais pas encore bu, je bois, comme ça je vois, je vois, je vois autre chose, je vois tout ce que j'ose, je vois un paradis qui n'existe pas, on vous ment, il n'existe pas, on crée des envies, qui n'ont pas d'histoires, je les laisse choir, et le lendemain, je recommence, je m'avance trop peut-être...

allez il sont là, je les aperçois de ma fenêtre...