DAns la peau

...de toi, de l'autre, de moi,

on se cherche un toit,
en quête d'une foi,
qu'on ne trouve qu'une fois.
vraiment ?
se répétait le pauvre manant.

elle errait dans les rues,
souhaitant ne pas être vue,
elle cherchait l'âme soeur,
celui qui ouvrirait à son coeur,
le péché éternel du désir,
flamme indiscrète d'une ire,
quand la vie s'embrase,
on vire et tombe à l'extase,
funèbre marche que l'on craint,
l'amour a son tour de rein,
il brandit bien droit ses seins,
et donne couleur au teint.

il errait dans les rues,
souhaitant ne pas être vu,
un tôt matin,
quand sonnent les lucioles,
l'heure d'un coucher encore incertain.
et que les doutes s'envolent.
il grattait dur le sol,
pour se terrer et perdre son rôle,
celui du triste et vaincu,
dont lui-même fut déçu,
l'amour l'avait trahi,
hélas, non, plus personne ici ne rit,
son esprit est bien lourd,
et son ciel devient sourd....

Dans la peau des amoureux,
heureux ou malheureux,
le manant se sentait bien,
il avait ce pouvoir,
couleur ivoire,
de mêler et jouer les destins,
il se plaisait tous les jours à se glisser,
ou simplement à emprunter
et vivre ce qu'il n'avait pas connu,
ce qu'il n'avait jamais vu,
empathique rêveur et onirique,
parfois un peu trop de soleil lyrique,
des papiers accrochés dans le ciel,
qui trempait dans une certaine humidité,
il n'était pas une fée,
il ne possédait pas une seule aile,
mais....

je me faufile quand on ne m'attend pas,
sous les jupes et derrière les oreilles,
j'apparais à tout moment ou la veille,
et rare est quand on entend mes pas,
d'une humeur venteuse,
on me donne divers noms,
peu m'importe je suis le bien libre,
toujours j'essaie et j'enivre,
sans solution bien onéreuse,
on me dit de renom.


Dans la peu du vent,
le manant en perd ses mots,
il quitte cette vie
et voyage dans le temps,
il réalise les plus beaux sauts,
trapèze à l'envie.

Je n'aime que les flammes,
car elle vole les âmes,
je m'en nourris et ils oublient...
le mal, le mal, le mal
la douleur dans une malle,
j'en ai tant besoin,
le temps, il n'est plus,
ils en perdent la vue,
ils se terrent dans un coin,
mais je les trouve, ces démunis,
on m'appelle le diable,
je me mets sans plus attendre à table,
sur le chauffe eau, je les saisis,
ils sont à moi, à moi, à moi...
oui, car le jour fait de moi le roi.

Dans la peau du diable,
le manant se sent mal,
il pleure,
il a peur,
il marche le long d'un pont,
il veut s'y jeter,
le mal va l'emporter,
quand une jeune femme au visage rond,
une enfant comme on n'en voit plus,
tend la main à ce perdu,
le manant lève ses yeux bien creux,
elle sourit,
il est ébloui,
il la saisit ferme et violenté
et se sent libéré,
à son tour la voilà emprisonnée,
et c'est ainsi qu'elle se mit à écrire,
elle en oubliait même de rire,
empathique rêveuse et onirique,
au sommet d'une cime mélodique,
elle devenait l'âme errante,
une prochaine proie arrivait,
la manante....la manante
s'y jetait....