L'arbre de noël

Il rêvait d'une maison,
un toit et quatre murs,
sur son passage, ne plus entendre de murmures,
et sur son lit, ne plus tourner en rond.
il n’était pas un petit brigand,
aussi épais qu'une feuille de papier,
il avait de grandes dents,
et ne comprenait pas toujours le monde qui l'entourait.

ce pays inconnu l'effrayait,
le langage était le nouveau venu,
comme lui la nuit allait à tâtons,
il lui fallait traverser le pont,
mais sans savoir ni quand ni comment,
et le ciel se dessinait tellement grand.
chaque soir dans la lucarne,
quand les nuages se faisaient parme,
il regardait les étoiles,
celles qui jouent aux auto tamponneuses,
et filent comme des voleuses,
il observait cette toile,
et sentait cette irrépressible envie de jouer,
et de ce qu'il voyait comme de la liberté...


Puis Noel vient taper à sa porte,
cette saison où le vent emporte,
les esprits et les vieux corps,
ce qui dérivent ou ont tort.
à l'école les enfants riaient,
dans les rues, les couleurs chaudes flambaient,
les murs se décoraient,
les dessins de famille affluaient,
la neige parfois tombait,
mais le petit homme trainaît les pieds.

Petit à petit, il se mit à épier,
il voyait se dresser,
dans chacune des demeures,
et à toute heure,
de grands épis verts sur un tronc de bois,
et des boules, des couleurs argentés,
et des étoiles tout en haut, juge de loi.
Le mot sapin de noël paradait....
mais quand chez lui il rentrait,
il posait son visage contre la vitre,
comme l'on ferme un épitre,
et s'endormait avec les lumières de la nuit,
car rien, rien, chez lui n'avait l'odeur,
ni le don ou la saveur,
de ces doux joyeux épis.

Un jour, il ne tint plus,
et décida d'être avec les grands très cru.
il se retourna vers ces adultes,
qui n'entendent plus rien du monde la la magie,
et laissa couler larmes et mots comme une catapulte,
le ciel l'entendit.
Il voulait simplement avoir,
pas dans un tiroir,
mais bien devant ses yeux,
un vrai sapin heureux,
comme tout le monde,
comme ces enfants qui font la ronde.
rien d'autre,
un sapin,
rien d'autre,
un petit brin.

Sa mère désemparée,
de voir son enfant si attristé,
son père se glissa dehors
dans le froid et conscient de son sort,
il quêta un sapin,
la transporta en cachette dans la maison de pain,
pendant ce temps
dans les bras de sa maman,
le petit homme aux oreilles elfiques,
avait trouvé le repos à la poudre magique,

Quand il se réveilla,
ses yeux, il les frotta.
il avait devant lui,
le plus beau sapin,
oui, le plus beau des sapins,
il voulait le garder toute la vie,
peu importe les intempéries,
les coups durs et matures.

Le sapin s'élevait haut dans le ciel,
les nuages s'y étaient accrochés,
par petits parquets
les étoiles d'argent pendaient ici et là,
sa couleur sentait le bois,
tout en haut, il portait des ailes,
comme un saule pleureur, ses pleins épis faisaient la révérence,
le petit homme était en transe,

....devant finalement une branche arrachée d'un pin,
que sa mère avait décoré d'une main,
avec quelques bouts de coton,
et ses plus belles perles.
la famille retrouva le sourire,
car le petit bonhomme l'avait aussi.
quand vous verrez das vos rêves,
ce petit garçon de noël,
pensez à cette simple magie,
qu'ils peuvent déployés,
avec un bout de bois et des épis.

Le petit garçon tient bien au chaud,
encore aujourd'hui,
dans son coeur fortuit,
baignés de larmes d'eau,
son plus beau souvenir de noël,
celui que l'on ne ramasse pas à la pelle,
le plus beau sapin de noël,
faits de coton et de perles...