Le maître de la toile

je fais l'amour,
oui, toujours,
je fais l'amour,
c'est pour ça qu'on veut m'enfermer,
mais il est si doux, si doux,
de sentir ce pinceau vous entraîner,
si loin, si loin, sans en déceler le bout,

il est difficile de s'oublier, vous ne trouvez pas ?
on nous enseigne à suivre les pas,
au risque de se retrouver en pleine tempête
et d'en perdre tragiquement sa tête,
je joue, je joue avec les couleurs,
Les gens lancent que je n'ai aucune peur,
ils ne me connaissent pas !
qui connaît le trépas ?
car oui, c'est ce qui se passe,
et jamais je ne m'en lasse,
la petite mort devant ma toile,
la petite mort qui m’emmène vers les étoiles,
le passage,
pas bien sage,
dans ce tunnel,
pas bien blanc,
pas si réel,
plein de sang,
de chaire et de vie,
je sens, je gravis,
ces notes qui gravitent,
tout tourne vite,
et rien, rien, je n'entends,
je suis la musique,
celle de mes rêves, des dates et de l'onirique,
celle qui ne veut plus rien dire,
celle qui se tire,
de tous côtés, de toutes parts,
quand je me sens sur le départ,
je lâche,
le plaisir découpé à la hache,
je vis, je vibre,
je vis, je suis ivre,
de noir, du rouge,
tout bouge,
du bleu, du vert,
non, pas de désert,
du gris, du mauve,
voilà ce qui me sauve...

je fais l'amour,
vous devriez essayer,
ma toile, mon pinceau, plus rien à cirer,
je fais l'amour,
tant de couleurs qui m'entourent....