L'éconduite

je suis lasse,
oui, lasse, je vous vois en face,
m'épier, me juger,
j'ai besoin, besoin de t'appeler,
mais on me l'interdit,
on dit que c'est mauvais,
les murs murmurent,
et moi je crie,
mais personne ne m'entend,
le murmure des murs,
et je danse, je danse,
comme en transe,
on en me laisse pas toujours,
et je crie,
mais personne ne m'entend.

j'ai besoin de lui,
je l'appelle la nuit,
pour lui dire ce que je ressens,
il ne veut pas l'entendre,
il ne fait que se méprendre,
comme vous,
comme vous autour de moi,
dans vos costumes de soie,
seule sa douce mélodie,
je m'en rappelle,
seule sa voix me conduit,
alors je l'appelle.

je me repète,
mais mon corps fait mine grise,
j'ai perdu la mise,
et ma bouche défaite,
mes lèvres tristes,
la pluie insiste,
je cours au bas des collines,
comme une enfant libérée,
il m'a piégée,
bien jeune,
je mélange le passé,
trop jeune.

alors je remonte la pente,
quoi que j'en ressente,
l'herbe est douce,
plus rien de pousse.
où ? en moi...
ah ! hélas, vos regards de rois !
je n'y crois pas,
traîtres pas....
ça pèse, ça pèse,
rien ne me met à l'aise,
et je virevolte,
je m'emporte,
je remue,
tout remue,
j'ai mal,
c'est sale,
je rage,
je prends de l'âge.
tout bouge là dedans,
sa voix, en émoi,
où où où OU ???????????????
je ne sais pas, il est parti, il se cache, chaos, choas, plus rien 'na de sens, des conneries,
j'établis une liste, une liste pour me rassurer, mais toujours il revient, jamais il ne se désiste.
mes sandales, dans sa voiture,
un dédale, pour sûre.
plus rien, plus rien, n'a de sens,
et rien prend tout son sens.

on m'appelle l'éconduite,
celle sans passé,
celle qui ne sait danser,
sans ses souvenirs,
sans garder le sourire,
tous ces écrits,
qu'on oublie....

mais moi jamais je n'oublie,
et ça, personne ne l'a compris....