Une étincelle....

Il parle d'étincelle,
et fait sonner la crécelle,
j’entends son souffle,
et j'en oublie le temps,
il m'évite le gouffre,
douceur de son chant,
une voix profonde,
qui vient caresser mon antre,
de longues ondes,
qui me parcourent de son encre.

Mais voilà le jour où il disparaît,
un je ne sais quoi qui laisse nu,
une peur qui ne peut être lue,
un jour en somme sans volupté.

alors la jeune étincelle qui était née, craignait de se voir éteindre,
elle voyait tout autour tant de toiles,
mais rien, rien, qui ne bercent ses voiles,
elle souhaitait juste voir son amant la peindre,
afin qu'elle devienne éternelle,
et peut être irréelle.

et me voilà, à nouveau,
en train de balbutier des pauvres mots,
que je manipule d'espiègleries,
pour qu'ils dessinent mes envies,
mes angoisses,
mes vides,
et brisent mes paroisses.

oui, il m'a fait peur, car il me parle d'étincelle,
oui, il me parle d'une bien particulière étincelle,
pas celle qui nait lors de l'amour,
et qu'on espère voir pour toujours,
celle qui nait quand les visages se crispent,
quand les sourires ne se risquent,
quand les humeurs changent
quand les actes dérangent
quand les peurs remuent
quand les jours deviennent nuit,
quand bercent l'inconnu,
quand tremblent la vie,
quand les regards se fuient,
quand les mains doutent,
quand le coeur déroute,
quand les corps s'enfuient.

alors oui, je le dis, maladroite,
les yeux bien moites,
j'ai peur, j'ai peur de cette étincelle,
j'ai peur qu'elle me vole les ailes,
j'ai peur que les paroles s'effacent,
que la musique devient muette,
que les sentiments s'arrêtent,
et que le temps passe....

tout ça, pour une menue étincelle....