Comme un marteau

il parlait vite,
comme parfois on lévite,
comme un marteau,
du brut, de
s mots,
clair,
précis,
il m'initie,
à la chaire,

comme un marteau,
j'ai tous ces maux,
qui dans ma tête se bousculent,
ils jouent les émules,
mais jamais n'articulent.
il apaise,
les met à l'aise,
les endort,
en faisant sauter leur tort,

comme un marteau,
je frappe mon corps,
car jamais je ne l'aime,
il me donne de la haine,
il est parfois si sot,
alors je tape avec effort,
il va peut-être s'effacer.
lui, il me retient,
il me range cette violence née,
pas si loin,
juste dans le tiroir du passé,
jusqu'au jour où je suis née,
puis il me met devant un miroir,
jamais en plein soir,
il me pousse à prendre la lumière,
à écarquiller des yeux,
à quitter le terre à terre
à briser la verrière,
à ne pas virer en arrière,
rien que pour le rendre heureux.

comme un marteau,
j'enfonce ce qui fait mal,
je ronge jusqu'à ce que l'étau,
en moi m'étouffe,
que plus jamais le vent ne souffle,
que plus jamais le froid n'intrigue,
mes sens, mes larmes,
glacial comme une arme,
j'mpoigne la seringue,
celle qui gèle le dos,
celle qui règle les maux,
mais comme un marteau,
il y met fin,
brise les coins,
laisse des miettes de ce fardeau.

Comme un marteau,
ta chanson résonne,
en moi elle détonne,
quand je pense à la falaise,
celle qui me rend mal à l'aise,
là m'attire cette sirène d'eau,
je me baignerai bien,
si mes ailes volaient
je changerai mon teint,
si l'air m'acceptait.
les coups s'accentuent,
quand les gens crient dans la rue,
ils sont perdus,
ils sont comme nus,
ils se cachent,
ils se détachent,
et moi je suis nue,
comme un marteau,
je tape mon corps,
à nouveau,
il n'est ps bien beau
car il a tort,
toujours,
il court,
je le rattrape,
il dérape,
je ris,
jaune,
morne,
j'ai le blues,
que les liens se décousent
je tombe sous le marteau
je tombe sous le marteau....

Pourtant,
c'est avec ce coup de marteau,
qu'un jour il m'a réveillée,
c'est avec un coup de marteau,
que j'ai vu un ciel ensoleillé....