Discours à la plume

Douce et féminine,
elle se balade telle une féline ;
Une page blanche,
quel beau terrain de jeu,
le long de ses légères hanches,
elle joue avec le feu,
elle hésite,
revient sur ses pas,
lévite,
reprend le pas,
elle efface,
elle souligne,
elle s'aligne,
elle s'amasse.

Mais jamais, jamais elle ne se lasse.

J'en ai besoin,
alors laissez moi dnas mon coin,
je ne suis rien, rien,
sans elle,
mon esprit se scelle,
et j'en perds ce zèle,
qui me donne des ailes.
j'en ai besoin,
alors laissez-moi dans mon coin,
cette plume
chasse les mauvais rhumes,
l'enfant revient,
au soleil du matin,
quand le repos se fait nuit,
quand tombe les ennuis.

Drôle et joueuse,
elle se joue de ses mains,
elle frise avec le malin,
élève les âmes malheureuses,
libèrent les pensées timides,
rend parfois les yeux humides,
elle ne sait jamais où elle va,
ni où elle se termine,
mais jamais ne tire grise mine,
du moins, c'est ce qu'elle croit.
car la plume reste dans son encrier,
quand la page se fait discrète,
elle tremble et envie le passé,
elle craint d'être à jamais délaissée,
une inspiration qui a trépassé,
et la voilà obsolète.

oui, que croyez-vous ?
oui, j'ai peur, je tremble,
ce n'est pas aussi simple que cela semble,
quand je ne touche plus leur odeur,
celle des mots qui me refusent cette faveur,
celle de glisser de mon esprit,
et de se lover sur une page,
je me murmure que ce n'est qu'un passage,
tout m'est ennemi,
je faiblis,
donnez-moi de l'encre,
sinon je tirerai mon sang,
elle sera sale, je la rendrai sale,
quand mon teint sera pale,
laissez moi pleurer,
laissez moi avoir mal,
ma plume saura me regarder.
c'est la seule d'ailleurs,
la seule qui ne me juge pas,
la seule qui parle en choeur,
la seule qui ne fait aucun faux pas.

Elle a besoin de moi,
elle est dans la détresse,
quand la petite fille aux tresses,
ne peut pas vivre,
ici, on lui attache les mains,
l'enfant meurt dès le matin,
se débat la nuit,
mais jamais jamais plus ne luit.
Elle a besoin de ses quelques mots,
pour ôter de son corps ces vilains maux,
qui chagrinent,
pélerin de contrées,
qui bruinent,
son chemin coloré

j'ai besoin de toi,
j'ai besoin de toi,
laissez-moi, 
une plume, de l'encre,
je ne veux plus être aux abois,
ça tape, ça tape, ça tape dedans,
lassez-moi,
dans ma prison dorée,
une plume, de l'encre,
une page vidée,
qui je peux remplir en sourire....