Formidable...

Des jours heureux,
ou malheureux,
on pense aux aieux
à ces objets bien vieux,
aux souvenirs,
aux rires,
la petite fille pensait que la vie était formidable.

oui, pourquoi, tu n'y crois pas?
prends ma fée...

Elle ne voyait pas,
tout les faux pas,
elle allait de gare en gare,
sans jamais de regard hagard,
insouciante sous de si beaux airs,
elle était si si légère,
portait ses fameuses sandales rouges,
pas encore salies,
cette envie en elle qui bouge,
pas encore enfuie,
la petite fille pensait que la vie était formidable.

oui, pourquoi, je n'ai pas le choix ? 
tu pleures, je te vois t'étouffer...

elle prenait son cartable,
bien trop lourd,
pour des épaules si frêles,
le visage sourd,
les yeux dans le ciel,
seule dans la cour,
elle se disait pour toujours,
les contes de fées,
jamais jamais arrêter de tourner,
elle était différente,
en classe elle chantait,
oui, écoutez...

tu m'entends....papa me la chantait,
et moi je dansais, dormir...jamais

elle n'avait pas peur,
quand elle s'imaginait les bras chauds,
qui l'embrassait chaque soir à la même heure,
mais un jour passa la faux....
elle n'avait plus que sa peluche préfèrée,
celle qui ne parlait, et un oeil en moins,
jamais jamais elle ne l'aurait remplacée,
sans elle, elle n'avait plus rien.
la petite fille pensait un peu moins que la vie était formidable

oui, le temps fait la loi,
j'ai peur de l'orage, tu as quel âge ? 

elle ne savait pas comment rire,
elle oubliait petit à petit,
quand les images s'effaçaient du sourire,
plus forte se faisait la mélodie,
elle ne voulait plus l'école,
les autres avaient le mauvais rôle,
elle détestait cette pièce,
sa bouche devient muette,
elle ne faisait plus de tresses,
elle déchirait les mots de sa tête,
les pages tombaient,
le passage flambait,
la petite fille pensait que la vie était peu formidable.

je ne veux plus parler,
tu es où ? cachée ?

elle trouvait la nuit longue,
et se coupait de sondes,
elle n'entendait plus l'eau
ni les feuilles,
rien à son seuil,
elle se remémorait les sauts,
dans l'air, le ciel, le nuage,
qui était là sans rage,
elle se souvenait de la berceuse,
qui était si chaleureuse,
elle marchait marchait des heures,
car plus rien ne l'atteignait,
alors qu'elle s'éteignait,
noir son coeur.

je me demande, je me demande....
qui es-tu ? 
je deviendrai....toi ? 

peut-être que je lui répondais
en attendant, viens, viens te reposer,..