La fourmi

J'ai arraché,
à l'emportée,
les pages de ce livre plein,
il a fait le malin,
il l'appelle,
il me querelle,
il fait de moi une foourmi,
dont on se rit,
elle court, elle court,
en perd son sens,
en perd ses défences,
les pas profitent,
piètinent,
écrasent,
jamais n'hésitent,
jamais ne satinent,
jamais n'apprivoisent....

pas le temps,
oui, le temps manque,
je tourne je tourne,
je crois travailler,
je tourne, retourne,
pour ce qui fait briller,
mais je ne récolte rien,
si ce n'est un regard de rides,
il ne vient plus en mon sein
il préfère le vide

comme un rite,
une rangaine,
je me sens à la traine,
je ne fais pas partie de l'élite,
ces âmes qui savent tout,
qui connaissent l'envers,
e vont au travers,
des embûches et trous,
qui se jouent des couleurs,
ils te mettent en joue,
évitent les coups,
et ne marquent pas de rougeur.

je suis fragile,
mais je cours,
je fuis les voix,
je suis peu habile,
mais je porte le lourd,
ce que l'on appelle poids.

je trébuche,
je fuis les ruches,
mon chemin est solitaire,
et peut-être plus sur cette terre.
il ne vient plus en mon sein,
si j'existe ?
peut-être mon dernier matin.
tu prendras soin,
de la prochaine,
ne pas jeter dans l'arène,
celle qui t'a montré tes moindres recoins...
celle qui a travaillé,
jour et nuit,
à ce bonheur si épié,
que tu as pris,
sans dire merci,
avec mépris,
sans partie pris,
fin de partie.

je te laisse cher ami,
sans trace,
sur notre terrasse,
tu n'y verras plus une seule fourmi....