Les vagabonds

ils s'aiment,
ils ne s'aiment plus,
ils sèment,
dans un coin perdu,
l'aventure heureuse
d'un océan de dérive,
elle est peureuse,
il esquive.

Elle raconte,
son passé,
sa volonté,
elle décompte,
le temps passé,
le temps écouté,
avant que lui aussi ne prenne le large,
car son esprit est si barge.

Elle gémit,
la nuit,
le cri,
elle grandit.
ses pas qui marquent,
aucune trace pourtant,
peut-être un peu de sang,
elle sent comme une traque.

on les appelle
les vagabonds,
ils n'ont pas d'aile,
juste des yeux avec son.
On les surnomme,
du Mexique à Rome,
ils vagabondent,
et suivent les ondes,
ils se sont rencontrés,
comme des miettes entassées,
ils étaient écrasés,
étouffés,
embrumés,
ravagés....
elle a vu ses bras,
il a vu ses mains,
elle a senti son souffle,
il a senti sa bouche,
ils ont senti le trépas,
ils ont vu un lendemain.

Les vagabonds,
muets sur les railles,
ils haïssent la ferraille,
tout chez eux n'est que chaire,
oui, chers vagabonds,
inséparables,
immuables,
ils ont parfois peur de se perdre,
la route est longue,
le passage pas toujours sage,
s'éperdre,
dans l'oblongue,
d'une histoire peu commune,
personne n'est immune,

on les appelle les vagabonds,
au loin leur ombre,
peu sombre,
une mélodie au doux son,
les deux feront leur secret...
si vous les voyez,
jamais ne les dérangez,
dans leur monde,
muets,
dans leur ronde,
amants et aimés...