Monologue d'une voix roque

Qu'est ce mot ?
qui s'agite,
comme des mites,
et vient chahuter mes maux ?
c'est moi que vous appelez la loufoque ?
oui, j'i la voix roque,
et je vis comme dans la rue,
j'ai peur,
je tremble,
j'ai perdu la saveur,
celle qui semble,
si proche et si loin,
à la fois, des fois, parfois,
et se cache dans plusieurs recoins.

Peu comprennent,
je dois l'avouer,
beaucoup s'emprennent,
aux fragiles, aux dos tournés,
tel un bouc émissaire,
je n'ai plus qu'à me taire.
Mais moi, la loufoque,
je ne céderai pas,
non, pas cette fois,
je ne suis pas un roi,
je ne fais pas la loi,
je n'aime pas le chocolat,
ça n'a rien à voir ?
si ce n'est que cela vient de mon réservoir.

Je rejette ici,
ce que le temps a volé,
mes rides et mes envies,
ce que le temps a dérobé.

Peu se rendent compte,
et enterrent la honte,
quand sur le chemin, je vais seule,
vous avez vu votre gueule ?
qu'a t-elle ?
elle manque d'aile,
et moi, je manque d'air,
alors je vais là-haut,
là où on se jette dans son eau,
et je vis, je pense, je ris, je pleure,
car la vie m’écœure,
la loufoque dit "la vie l'écoeure",
car jamais jamais elle na va en chœur,
elle manque d'harmonie,
j'ai besoin de cette mélodie,
alors...alors....
mais...mais...

voilà que la musique revient,
un piano gigote au lointain,
voilà voilà qu'elle revient,
celle qui me donne le teint,
alors je donne le la,
et je vous laisse là,
moi la loufoque,
à la voix roque,
que vous et le vent m'ont imposé,
que vous et le vent ont saccagé.
je m'enferme sur ma colline,
je cherche des rimes,
je ne veux pus de mime,
ou de pantomime,
j'ai eu bien trop mal,
la loufoque quitte la scène,
comme une reine....