La femme en cage

elle rêve,
elle dort,
elle fait un cauchemar

sans trêve,
je cherche un port,
je suis sur le départ.

Tel un lézard,
les rayons se faufilent,
sur ma vie qui défile,
pourtant, l'eau se fait rare,
et je suis obligée de rentrer
au bercail,
en cellule,
comme grisaille,
je n'ai plus de recul
on m'observe.

Animal en cage,
chaque jour tu saccages,
sur ton passage,
pas bien sage,

dans une cage,
je tourne la tête,
plus rien que je ne téte,
même la vie s'arrête,

Elle s'agite,
seule ma peine m'abrite,
une piqûre,
de la sciure,
elle ira en manger,
à force de se ronger,
le temps perd son temps,
quelle heure ?
j'ai peur,
je frissonne,
la nuit résonne,
je pense à lui,
qui n'existe pas encore,
je le veux, lui,
qui n'existe pas encore.

ça fait désordre,
mes idées aiment à se tordre,
sur les murs, blancs,
de mon sang.

ces voix se jouent de moi,
à l'intérieur, place de choix,
je deviens folle ?
je quitte alors le sol,
océan profond de désir,
je me perds dans ton sourire,
si charmeur,
quelle gageure.
mes yeux sont vides,
pour ceux qui ne savent regarder mes rides,
j'entends
tristes yeux,
si mystérieux
je comprends,
rien,
rien....

me voilà encore en train de divaguer,
la voilà encore partie,
je ne sais sur quelle rive,
je récolte quelques images passées,
elles sont bien trop naives,
j'en ris.
elle rit,
j'en ris,

elle rit.

mais la femme reste en cage...
sage,
passagère,
étrangère,
mais la femme reste en cage,

Elle tourne la tête,
son visage plus ne s'entête,
un sourire en coin,
inhabituel,
qui est-elle ?
nous sommes témoins,
son regard s'anime,
quitte le noir,
s'arrache l'espoir,
et cligne....et cligne....