La véritable histoire de Causette

Elle parle peu,
erre dans les rues,
la douleur dans les yeux,
la crainte de lui, l'inconnu.
Causette se cache.

Elle a froid,
quand le vent se lève,
elle est souvent en tenue d'Eve,
on ne lui donne aucun, aucun choix,
Causette lave les tâches.

Elle est fragile,
elle porte de longs cils
on la dit muette
elle marche sur les arrêtes.
au bord d'un pont,
au bord d'une route,
le danger ne la déroute
indolore au moindre son.
Causette est aux aguets.

Elle est pauvre
et toujours sobre,
une ombre qui s'avance,
quand la lune luit,
peur d'autrui,
sale révérence,
Causette se soumet

Elle est petite,
danse devant l'élite,
séduit de son regard,
habile pour ces bâtards,
elle vend ses oranges,
on la voit, elle dérange,
Causette frémit.

On vole ses ailes,
ses tresses tombent,
l'enfant creuse sa tombe,
la femme chute das le réel,
on a abusé,
on a piétiné,
Causette gémit.

Elle se réveille,
dans l'oseille,
elle part,
il fait tard,
elle quitte une chambre,
aux fausses couleurs ambres,
Causette tremble.

La neige glisse dehors,
le blanc recouvre les torts,
elle ancre ses pas,
dans ce qu'on appelle le trèpas,
derrière elle un souffle,
le diable pouffe,
jamais elle ne se retourne,
sur la vie aucune ristourne,
Causette est fière.

Causette s'affaire,
Causette est rancunière,
Causette semble,
Causette est humble....

Elle n'a pas choisi,
mais elle n'a pas péri,
elle aime la musique des vagues,
elle s'y sent libre,
elle aime, elle vogue,
elle devient par là ivre,
Causette doit apprendre à vivre,