Trop

Elle semblait heureuse,
et parfois si peureuse,
parfois tout l'effrayait,
parfois tout la charmait,
oui, elle était bien naive,
et laissait le soleil à la dérive.

elle était petite,
n'appartenait pas à l'élite,
elle rêvait

trop
trop,

elle vagabondait,

trop
trop,

elle ne comprenait pas la philosophie,
et abhorrait l'ennui,
elle sautait,
elle dansait,
une petite fille,
jouant aux billes
ratant la cible
pas très crédible.

ses chaussures rouges,
de boue,
quand les buissons bougent
une roue,

tout bascule,
comme un cheval,
faux se brisant, fatal,
tout bascule.

Cette histoire commence comme un conte de fée,
car c'est ce que l'on raconte pour endormir les enfants,
on oublie les méfaits,
on vire le temps.

derrière cette petite fille aux chaussures rouges,
se cachent un bûcher et quelques pierres,
rongée par une vie sans racine ni air,
elle étouffe et souvent songe.

trop
trop,

les grands racontent trop d'histoires,
trop de mensonges,
pas assez de savoir,
à des êtres éponges,
les grands jouent trop aux grands,
ils prennent un rang,
se pensent savants,
mais vivent en brigands,
brigands de la vie,
voleur de nos nuits,
arrache-coeur à minuit,
prières au maquis.

la vérité,
la petite devient bandit,
la petite s'affirme,
la petite plus jamais ne brime,
la petite s'enfuit.
Reste une âme désœuvrée,
dont voici la vérité.

Elle n'est pas pieuse,
mais parfois si chaleureuse,
parfois tout l'excitait,
parfois tout la repoussait,
non, elle n'était pas naive,
et le jour ne partait jamais à la dérive..

elle était petite,
montrait des rites,
et ne savait plus rêver.

assez
assez,

murmurait t-elle dans le coin,

assez
assez,

personne n'en prenait soin.


elle abhorrait la philosophie,
et cherchait des réponses,
un combat,
elle plongeait,
le trépas,
une petite fille,
qu'elle effaçait,
jamais ne ratait sa cible,
et frissonnait car tout de même sensible.

des ballerines oubliées,
se parant de boue,
telle une guerrière sacrée,
elle parait les coups.

voici la version pile ou face,
le début ou une trace,
d'une histoire à deux fins,
quand on regarde au lointain,
qui veut-on être ?
la naive ?
la guerrière ?
la passive ?
la meurtrière ?

trop
trop,
la vie demande trop
pas assez
pas assez,
les âmes ne s'arment pas assez...