Un rêve familier...



Ce rêve étranger,
cuivré,
parfumé,
qui se déclinait à l'ouest,
quand le temps se levait,
qui vient parsemer les nuits,
quand l'horloge sonne minuit,
rapide murmure des murs,
où la vie n'est pas sinécure.

Ce rêve pourvoyeur,
aboyeur
qui hante le soir,
et qui fuit au moins tard,
badinant avec ardeur
la moindre de ses rancoeurs.

Ce rêve mélodique,
aux sonorités atypiques,
qui crève le tympan,
de celui qui jamais n'entend,
une plaine où se jeter,
une falaise bien guindée,
il est parfois sale,
se marie à la pâleur,
d'un visage en sueur,
des corps qui se meuvent
à la première épreuve,
je t'aime-murmure
le lit peu sûr,
tâtonne l'espoir,
qui frise dans le miroir.

Ce rêve unique,
un brin ludique,
qui se joue de tout,
quand l'envie court,
rougit la joue
et brunit les tours,
infernales,
peu banales,
une fringale,
souvent fatale....

Ce rêve cynique,
un tantinet sadique,
parfois ironique,
si hypocrite,
aux allures lyriques,
roi d'une élite,
se moquant des conventions,
déchainant la passion,
ce qui n'est plus dit,
ce qui est freiné,
il entraîne l'effréné,
et baigne l'indécis,
en l’enchaînant
en le confrontant,
personne ne peut y réchapper,
on bouge,
on devient rouge,
on devient passager,
d'un train suspect....

Ce rêve fou,
dont on est le héros,
l'érudit des maux,
une balade aux coups,
on vole,
on détale,
on court immobile,
on retient nos cils,
on devient pale,
on s'envole,
tout n'est que rêve,
et pourtant si libre,
si ivre,
si frais,
si dur,
si mûr,
si près....

près de la vie...
près de la vie...

ce rêve familier,
sans savoir,
sans voir,
un secret,
dont seuls détenteurs des clés,
des portes dérobées,
les yeux fermés....
ce rêve familier,
poésie saturnienne,
qui danse aux hyènes,
des cris volés,
on se réveille,

si loin de la vie....
si loin de la vie....