Creep....

Ils le disent tous,
pendant que la vie pousse,
je suis née malade,
et on m'y a laissé en rade.
Amor fati
jusqu'à l'infini,
accepter l'inacceptable,
brandir l'arme,
le point agile
on ne bouge pas un cil,
on fait ses gammes,
peurs jetables.

Une nouvelle année,
pour tous ces êtres débrayés,
le soleil tombe,
miroir d'une douce colombe
rideau,
fin de journée,
je laisse un radeau,
je prends ma poupée.

Une nouvelle année,
pour mon être falsifié,
miroir de l'innatendu,
personne ne l'a jamais su...
et si je brisais ?
plus d'anathème,
une onde sensuelle,
j'en suis la reine,
ne plus savoir comme l'on s'appelle,
qui me saisit,
qui me grandit,
qui me paralyse,
qui électrise,
et me rend quelques heures plus tard,
avec sur les joues un délicat fard,
je ne suis plus ici,
je ne suis plus là,
libre de mes choix,
libre d'une vie,

on me dit étrange,
une tâche qui dérange,
on me dit salie,
un passé qui pâlit,
celui qui s'y intéresse,
celui qui se dresse,
mais qui garde,
heureux barde,
celui qui voit plus loin,
celui qui prend soin,
celui qui regarde,
celui qui s'attarde,

on murmure l'étrangère,
je ne fais plus de guerre,
un statut qui me pare,
la nuit, il se fait tard,
non, jamais je ne m'ennuie,
l'étrangère,
rentre dans sa tanière,
l'étrangère,
enfin voit clair....