De Passage....

....en passage ;
"papa, je suis tombée",
s'écria l'enfant ébouriffée,
elle vivait dans une cage,
certains diront dorée.
tu as mal ?
océan de cri peu fatal,
elle a hésité,
elle a regardé,
un bleu parmi d'autres,
ce n'est rien, saute.

..en vacarme,
sans armes,
Il est petit,
mais costaud du coeur,
il a perdu ses amis,
la guerre ne chante jamais en choeur,
son père est parti,
sa mère à la dérive,
il croit au tant pis,
et rêve d'une bleue rive.

...à vide,
il craint,
chaque matin,
le soir,
il ouvre le tiroir
une pluie rouillée,
aux bords séchés,
sa plume s'enfuit,
il en rit.
l'écrivain a mal
ses doigts chantent sale,
l'écrivain a peur,
que son talent ne se meurt.

...à tabac,
cours, petit, cours,
retentissent dans la cour,
ses sirènes des pieds bots,
ils tournent les dévôts,
à leur avantage,
sagesse de rage,
ils le poursuivent,
il esquive,
mais bientôt sa porte sera trop loin,
les rails le tromperont,
ses yeux de satin,
de rouge satineront,
il rentrera,
le sang dans la bouche,
il ne sera ps farouche,
quand maman tendra son bras.

...au sans issue,
ils se faufilent,
restant sur un fil,
sur le pont neuf,
ces doux  inconnus
d'une vie, enfin veufs,
dans l'humidité des murs,
sur les façades se murmurent,
un amour incandescent,
à la lumière concupiscente,
jambes latentes,
qui joue en effleurement.
ils se regardent,
les coeurs se débardent,
il se cachent,
ils en jouent
joue contre joue,
la sol se fâche,
et vite se dérobe,
à la règle ils dérogent
le temps d'un voyage,
le temps d'un passage,

et ensuite plus rien ne vient comme avant...