Les Ogres

je ne te crains pas,
ni toi, ni tes pas,
j'irai loin, ici même,
et te dire un "je t'aime",
toi, ami de luxure,
toi, que l'on appelle excès,
drogue aux crocs acérés,
des portes dorées,
ne laisse aucun point de suture...

je tremble,
il me semble,
dans la moiteur des heures,
que tu t'approches,
tu fais fondre la roche,
je jouis,
d'un plaisir à venir,
dessin d'un sourire
j'oublie,
doux feu qui s'insinue,
dans les recoins nus.

Je te sens,
les bras ballants,
le fusil s'arme,
dernière larme,
les volets tombent,
sombre envie,
viens, viens, si ronde,
jamais ne fuit.
le miroir se brise,
les âmes se grisent,
tu m'enveloppes,
je m'envole,
tu me dérobes,
se noie dans le col,
d'une montagne sans fin,
qui caresse mes reins.

j'en perds les mots,
cher excès,
traître inceste,
je t'aime, oh, peste,
je nage dans cette baie,
j'en perds mes maux...

et c'est si doux...
l'ogresse
tire son ivresse,
une révérence,
quand l'ogre a tant d'aisance,
il séduit,
on bénit,
oui, nous les ogres de la vie...